Avec le Tec, je ne combine toujours pas bus et vélo

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Imaginez : plein de bonnes volontés, vous profitez de la rentrée académique ou du nouvel an – ou de de tout autre moment de culpabilité pour vous remettre au vélo. Motivé-e mais un peu rouillé-e, vous décidez, dans un premier temps, de vous remettre en selle sur des chemins fermés aux automobilistes. Parmi les options qui viennent alors à vous, vous choisissez ceux de terre qui vallonnent le domaine du Sart Tilman : vous y serez au calme et l’air y est plus propice à l’effort sportif que sur le Ravel, par exemple. Il paraît, de plus, que ces parcours à travers bois sont très agréables. Pour vous, à vélo la route du Condroz (qui mène au Sart Tilman) ressemble encore un peu trop à l’ascension de l’Everest. Heureusement, vous vous rappelez vaguement une campagne de pub « Avec le Tec, je combine vélo et bus » . Il vous semble d’ailleurs avoir déjà vu des emplacements pour vélos dans les bus des lignes 48 et 58 (qui escaladent l’Everest local de front). La gourde pleine d’eau, le ventre plein de pâtes et le guidon entre les mains, vous essayez donc d’entrer dans un de ces véhicules. Et là… tout votre plan s’écroule! Non seulement le chauffeur ne veut pas vous laisser monter, mais en plus il vous menace d’une amende salée si vous insistez.

L’option Tec + vélo existe bien. Mais l’info que vous avez probablement ratée lors de la campagne de pub à ce sujet (et vous ne seriez pas le seul) c’est que « seuls les vélos pliables sont admis dans les véhicules du tec » ! Tiens, quel hasard, le Tec peut vous en louer.

Passons sur l’esthétique… particulière… de ces vélos jaunes ainsi que sur leur insuccès, et revenons à notre histoire. Refoulé à l’arrêt de bus, vous n’avez en fait plus que trois options pour rejoindre le Sart Tilman : vous procurer un vélo pliable qui ne fera probablement pas long feu dans les bois, vous procurer des mollets en acier et tenter l’ascension de l’Everest de Liège ou… acheter une voiture! Beau paradoxe, n’est-ce pas?

Interrogée sur la raison de ce manque, la Tec liégeoise répond en plusieurs points :

« Le règlement stipule en effet que seuls les vélos pliables peuvent entrer dans nos bus car les autres sont beaucoup trop volumineux par rapport à la clientèle qu’on transporte ».

Il est vrai que certains bus, déjà bondés, auraient difficile à accueillir à la fois vélos et nombreux passagers. Mais ce n’est pas le cas de toutes les lignes ni de toutes les tranches horaires.

– « Il ne faut pas oublier, en plus, que tout objet volumineux est source d’éventuellement problème de sécurité car il est facile de le bousculer ou de le laisser tomber » .

La même logique voudrait que les valises trop volumineuses soient refusées à l’entrée des bus rejoignant les gares. Quant à la sécurité, il semblerait qu’un système de harnais pourrait répondre au risque de chute. C’est d’ailleurs l’option choisie par la Sncb . « Mais un bus n’est pas un train, il y a beaucoup plus de mouvements dans un bus » , répond-t-on au Tec. Certes, mais ce système est pourtant adopté chez certains de nos voisins, notamment allemands.

– « Les vélos pliables sont aussi plus sécurisés [ndlr : ceux du Tec sont équipés de systèmes d’arrêts du même types que ceux des poussettes et chaises roulantes] et moins salissants [ndlr : les chaînes y sont remplacées par des courroies] que les autres » .

Aussi propres que soient les courroies de ces vélos, leurs roues n’en seront pas moins sales, surtout en temps de pluie.

Dans le cas particulier du Sart Tilman, le Tec liegeois reconnaît qu’  « à l’heure actuelle, rien n’est prévu » . « Mais c’est d’abord à la Ville de définir une politique de transports intégrée. Le Tec travaille avec une enveloppe budgétaire fermée. S’il doit y avoir des dépenses nouvelles pour assurer un meilleur accès au Sart Tilman, il faut aussi qu’il y ai une compensation budgétaire de la Ville, du CHU ou encore de l’Université. Sur fonds propres c’est totalement impossible » .

D’ici là, pour rouler à vélo il faudra d’abord prendre la voiture.

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Mélodie Mertz

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Il y a 5 commentaires

  1. Stéphane

    Il suffit d’aller faire un tour au musée des transports en commun pour se rendre compte que ce problème avait été résolu il y a plus de 50 ans. Sur la ligne 12, un tramway disposait du support à vélo à l’arrière du véhicule afin de faciliter aux cyclistes l’ascension de la côte d’Ans, autre mont Everest local.

    Qui a dit que les réponses à la société de demain se trouvaient dans le passé ? Mais bon… le « tout à la voiture » est passé par là entre-temps.

    1. Mélo

      Exactement. Et des solutions comme celle-là je suis sûre qu’il y a moyen d’en trouver plusieurs. Bien plus simples et plus efficaces que cet abonnement cyclo-tec! Mais peut-être moins rentables, aussi…

  2. MO

    A Vancouvert on à l’impression que leurs bus sont très vieux… mais pourtant eux ils sont tous équipés de portes vélos !!! Oui c’est aussi simple que ça : on pose son vélo, on entre dans le bus, on roule, on sort du bus et on reprend son vélo. => http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d8/West_Vancouver_Blue_Bus_997.jpg

    D’ailleurs dans le même ordre d’idée, ils ont une rampe amovible pour les personnes en chaise roulante. Et bien c’est tout aussi simple : une personne se trouve à l’arrêt, la rampe sort, la chaise monte et hop c’est reparti. Et il n’y a pas de perte de temps du tout.

  3. Mélodie Mertz

    Pour ajouter au paradoxe de l’abonnement tec+vélo, rajoutons que le Tec, en partie financé à Liège par la Ville, a réussi à pondre une « solution » vélo qui exclut justement les vélos de location que propose la Ville! Les vélos de Vélocité (qui sont d’ailleurs de très bons vélos) ne sont pas pliables.

    En fait l’abonnement tec+vélo ne change rien aux habitudes des cyclistes. Quiconque avait un vélo pliable pouvait déjà l’embarquer dans le bus comme « bagage » auparavant. La seule différence c’est qu’on peut choisir de louer celui de la marque tec. = comment dépenser de l’argent pour faire semblant de proposer des solutions aux cyclistes.

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