Méga Soirée électorale

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Regards en multitâches sur les élections communales 2012 à Liège et + si affinités. Un histoire réalisée par Marta Luceno Moreno, Mélodie Mertz, Mehdi Tekaya, Greg Pascon, Donatella Fettucci, Ludivine Faniel, Muriel Dominé, Nat Ryckewaert et Joe Napolillo

Regards en multitâches sur les élections communales 2012 à Liège et + si affinités. Un histoire réalisée par Marta Luceno Moreno, Mélodie Mertz, Mehdi Tekaya, Greg Pascon, Donatella Fettucci, Ludivine Faniel, Muriel Dominé, Nat Ryckewaert et Joe Napolillo

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Il y a 4 commentaires

  1. Greg Pascon

    Comme on le sent avec ce petit résumé : on a bien ris, dimanche soir, dans le QG de l’entonnoir…

    Mais, en même temps, on n’a pas pu s’empêcher d’essayer de bricoler les premières hypothèses théoriques permettant de comprendre ce qui était arrivé – tout en restant résolument « d’une certaine gaieté » 😉

    Et y en a une qui me tourne dans la tête depuis ce soir-là (et qui n’arrête pas de revenir à force d’entendre des émissions spéciales ou de lire des articles). Elle pourrait commencer pour une question « ralentissante » : de quoi la N-VA est-elle le signe?

    Je dis bien « ralentissante » parce qu’il me semble que trop de commentateurs vont un peu vite en besogne pour codifier le phénomène De Wever comme l’expression du nationalisme flamand et donc pour construire tout le problème qu’il implique comme étant celui du séparatisme (et de la désintégration de la Belgique).

    Or il me semble que cette perspective là ne marche pas si bien que çà pour expliquer ce qui se passe en Flandre (et plus généralement en Belgique).

    Dimanche soir, si on avait bien observé Didier Reynders (et d’autres représentant du MR) on aurait peut-être capté qu’il y avait une sincérité non-feinte dans son élan à féliciter Bartje pour sa conquête d’Anvers. (A liège, où se trouve le QG de l’entonnoir, on voit bien quand Ditche se fout de la gueule du monde où qu’il est sérieux et là, on crois qu’il l’était, sérieux). Or le MR n’est pas un parti séparatiste. Donc ce que Didier R. saluait forcément autre chose.

    Pourquoi les représentant du MR félicitaient-ils les gagnants d’Anvers? Parce qu’ils commencent à comprendre (ou n’ont plus peur de montrer qu’ils ont bien compris) que ce qui fait le succès électoral de la N-VA c’est peut-être aussi et avant tout ses positions programmatiques ultra-libérales. Parce qu’ils commencent à comprendre qu’il se pourrait bien que ce qui ennuient les électeurs flamands qui soutiennent Bartje et sa bande, ce n’est pas forcément la Wallonie en tant que telle mais la Wallonie en tant qu’indécrottable « bastion socialiste ».

    Hypothèse (donc) : Bart De Wever & co signifieraient autant si pas d’avantage un raz-le-bol du « marxisme wallon » – celui-là même dont parlait récemment certains patron flamand – que l’expression d’un nationalisme féroce et d’un désir de séparatisme. Et les sincères félicitations du MR signifieraient alors non pas un fair play démocratique qu’une certaine communauté de pensée (Didier Reynders & co en ayant aussi marre du « marxisme wallon »).

    Si on construit le problème à partir de là, il me semble que çà pourrait changer un peu les discussions. Non?

    1. José Blanco

      Il y a évidemment une communauté de pensée: les riches ne doivent pas partager avec les pauvres. Bartje réussit à embobiner les flamands en leur disant « vous flamands vous êtes les riches, même toi le pauvre con de chômeur qui vote pour moi. D’ailleurs toi pauvre con de chômeur, si t’as mal au cul, c’est à cause des boulets de profiteurs wallons/étrangers. Sans quoi tu serais comme tous les flamands: riche. ». Et Didier, il essaye bien aussi mais il a moins de succès à convaincre les pauvres chômeurs wallons. Pas parce que les chômeurs wallons sont moins cons que les chômeurs flamands, non (quoique…). Juste parce que les chômeurs wallons sont essentiellement des étrangers ou d’origine étrangère et aussi parce que la Wallonnie transfère que dalle comme fric à l’étranger. Donc le slogan « toi pauvre con de chômeur, si t’as mal au cul, c’est à cause des boulets de profiteurs étrangers », ça marche moins bien en Wallonie (on comprend aisément qu’il ne peut pas non plus utiliser les hypothétiques boulets flamands dans l’affaire).

      Ce slogan marche bien partout avec les chômeurs et exclus vivant dans des régions riches ayant quelque particularisme national (Ecosse, Catalogne, Lombardie, Bavière).

      Il faut agir sur les chômeurs et exclus qui votent contre leurs intérêts de classe. Il faut les désintoxiquer, car il s’agit bien d’une drogue: l’illusion d’être un riche, de la classe des riches, et le plaisir que cela procure. Attention, ne pas leur dire « réveille-toi, arrête de rêver, tu n’es pas mieux qu’un wallon/étranger, tu n’es qu’un pauvre con de chômeur », effet de dissonance cognitive assuré: http://benedictekibler.wordpress.com/2010/02/22/influence-et-dissonance-cognitive-comment-ca-marche/.

      1. Greg Pascon

        mais à qui parle Bartje? et qui l’entend et le suit?

        parce qu’en fait c’est quoi la composition sociologique des gens qui ont voté pour lui à Anvers et c’est qui les gens qui ont décidé de mettre une majorité quand même vachement à gauche (Spa-groen, pour le flandre actuelle, c’est « vachement à gauche ») à Gand?

        on est en train de chercher des donnés…

        1. José Blanco

          J’ai cherché et j’ai rien trouvé de mon côté. Mais j’intuitionne que le Spa et Groen c’est un public bobo (d’où le succès à Gand). Bart s’adresse aux précaires (déclassés et classe moyenne inquiète du déclassement). C’est une Marine Le Pen sans son boulet de père. Résultat: 30% à l’aise. Et ça explique aussi le succès PTB à Anvers. Ils ont a priori le même public potentiel que Bart.
          Le succès de l’extrême-droite, c’est qu’ils ont réussi à reconstruire un discours qui fait rêver le prolo (y compris le petit bourgeois) alors que la gauche se cherche toujours (voir aussi le combat FN-FdG en France). En Wallonie,c’est le parti populaire qui est sur le créneau de Bart. Sauf que Modrikamen a une image trop bourge-coincé et n’a pas le charisme de Bartje. Et puis il lui manque en Wallonie les ingrédients déjà cités (sentiment national, sentiment d’être riche mais volé).

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