Jean Mikili : la fin du monde, c’est tout le temps

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jean_miD’après la légende, Jean Mikili aurait vu le jour et grandi dans une réserve d’Indiens wallons. Après avoir passé avec succès plusieurs rites d’initiation locaux, il serait parti courir le vaste monde. On l’aurait aperçu au Laos, du côté de Maastricht, en RDC Congo ou encore dans le nord de l’Allemagne. En tout cas, une chose est aujourd’hui sûre : il a fini par atterrir à Bruxelles. Ce soir, c’est la fin du monde et il jouera à Liège pour fêter l’événement – et certains y voient tout autre chose qu’un hasard. Comme un présage. Rencontre avec Jean-Michel qui se cache derrière Jean Mikili.

L’entonnoir : on voulait savoir quel rapport il pourrait bien y avoir entre Jean Mikili et la fin du monde, après tout?

Jean Mikili : La fin du monde concerne tout le monde. Pour le reste, Jean Mikili chante que les artistes sont souvent les premiers à y croire, que ce soit en réalisant des films apocalyptiques ou en racontant à tout va combien la vie est ignoble.

La fin du monde, c’est maintenant.

Ou jamais

C’est tout le temps

L’entonnoir : Et quel scénario de fin du monde pourrait se réaliser vendredi, d’après toi?

Jean Mikili : Peut-être que tout va s’arrêter et le monde continuera dans la tête de chacun, se développant en parallèle en sept milliards de versions, au gré des désirs et fantasmes de chaque humain (je ne sais si les animaux et les plantes auront droit à ce privilège)

Note, cette fin du monde est peut-être déjà réalisée, et le problème est alors que nos désirs sont pleins d’apocalypses

L’entonnoir : Ce scénario est excellent! Mais alors : avec quel kit de survie venir au concert de vendredi?

Jean Mikili : Avec des fesses pour danser

Un cœur pour battre

Et des dents pour rire et mordre la vie

(si on la mord fort, peut-être le monde continuera à tourner, voire en mieux)

L’entonnoir : Super plan, j’espère que tout le monde sera bien équipé. Qu’est-ce que t’as prévu samedi, pour après la fin du monde?

Jean Mikili : On prend les même et on recommence

L’entonnoir : Genre « never change a winning team »?

Jean Mikili : Genre : « dans la vie quand on n’a pas ce que l’on aime, faut aimer ce que l’on a » :

L’entonnoir : il y aura des enfants, vendredi, dans le public. On les connaît bien et il n’arrêtent pas de nous demander si Jean Mikili jouera une chanson sur le Père Noël.

Jean Mikili : Ce n’est pas encore prévu, mais on peut l’intégrer dans une chanson.

L’entonnoir : Bonne nouvelle. Sinon, plus sérieusement, Jean Mikili se sent plus proche du survitalisme ou du transhumanisme (ou du centre humanisme)?

Jean Mikili : J’aime le transhumanisme mais ignore ce qu’est le survitalisme (c’est pas comme trop de vie tue la vie?). Quant au centre humanisme, ou l’humain est au centre, mais c’est fatiguant à la fin. Non?

L’entonnoir : Le survitaliste, c’est le genre de personne qui se promène toujours avec son kit de survie et qui se fait construire des bunkers dans son jardin

Jean Mikili : Jusque dans les jardins du paradoxe ?

L’entonnoir : Dans les nénés de Lolo Ferrari, il y a des bunkers pour colibri.

Mais, est-ce qu’on peut s’attendre à une surprise pour vendredi? Un duplex avec Vladimir Putine? Vous allez mettre le chauffage à fond et vous mettre nu sur la scène (comme c’est justement « L’hiver à Liège »)?

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Jean Mikili : Vladimir Poutine a décliné l’invitation, il rôtira du boudin chez Depardieu (ou vice versa), quant au chauffage, nous comptons beaucoup sur les corps du public pour nous échauffer.

L’entonnoir : Pour rester sur Vladimir Putine, vous avez été parmi les seuls à identifier la puissance de son charisme (en des temps aussi troublés) : qu’est-ce qui manque à la jeunesse de notre royaume pour pouvoir retenir les leçons du parcours de ce Tsar (et s’en inspirer comme vous le chantez si bien)?

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Jean Mikili : La chute du mur et un sens de l’in-dérision

L’entonnoir : Est-ce que Jean Mikili est parano et mégalo (comme les artistes)? Et si oui, de quoi a-t-il peur? Et c’est quoi son délire? Snon, comment s’est-il soigné?

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Jean Mikili : Claude Lelouch a défendu Depardieu en disant que les artistes étaient des gens qui ont plus besoin que les autres qu’on les aime. Comme je le chante, les artistes sont comme tout le monde : tout le monde a peur qu’on ne l’aime pas, tout le monde a besoin qu’on l’aime plus que les autres… alors, Jean Mikili, comme tout le monde, il a peur que l’amour vienne à manquer et il le croit tellement qu’il croit que la fin du monde, c’est soit une promesse d’amour, soit un divorce éprouvant… alors il attend de voir.

L’espoir fait vivre.

Sans doute aussi, l’espoir soigne.

(autant qu’il empoisonne)

L’entonnoir : Mais rassure-nous (ou pas ), Jean Mikili reste toujours résolument plus l’hiver à Liège que Cool (in) L.A?

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Jean Mikili : Bien sûr, Los Angeles, c’est de la couille.

Liège, c’est du perron !

L’Entonnoir : À l’enterrement de qui ou de quoi refuseriez-vous de venir jouer « on ne pardonne qu’aux morts »?

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Jean Mikili : Je crois qu’il y a beaucoup de gens à l’enterrement desquels je refuserais d’aller chanter. Mais s’ils veulent écouter ma chanson, les proches des pires chacals peuvent y aller. Eux aussi ont besoin qu’on les aime

Allez, je te laisse – à vendredi ? – bises

L’Entonnoir :Bien sûr à vendredi, 20h, à l’An Vert rue Mathieu Polain, 4 – 4000 Liège

 

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