Journal de bord : That’s all folks… ou pas !

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À l’occasion du Forum Social Mondial, notre journaliste sur place, Marta Luceño Moreno, nous livre quotidiennement son journal de bord. Dernier épisode : That’s all folks… ou pas ! 

 

Le Forum Social Mondial a été clôturé ce samedi 30 mars avec une manifestation pour la libération de la Palestine de l’occupation israélienne. Une bonne partie des 50.000 participants venus au forum ont parcouru l’avenue Bourguiba et Mohamed V jusqu’à l’ambassade de Palestine entre des cantiques et des appels à la libération de tous les peuples. Dans une ambiance festive et détendue, les activistes profitent de ces derniers moments ensemble pour concrétiser des projets conjoints avant le départ imminent. Cartes de visite, panflets et e-mails passent de main en main avec des promesses de contact, des invitations à de prochaine événements… Mais est-ce que cela débouche-t-il sur quelque chose de concret ? 

 

À la fin de cette édition du forum deux questions fondamentales se sont posées : d’abord sur l’avenir du forum et puis les débouchés de ces rencontres pour les activistes et les organisations qui participent. Dans le premier cas, les organisateurs commencent à envisager de nouveaux formes afin de poursuivre la démarche, car l’amplitude de l’événement restreint fortement les possibilités d’organisation. Déjà en 2011, un choix difficile avait été fait : passer d’un événement annuel à un bi-annuel. À ce jour il existe la possibilité de passer à des événements plus ciblés, laissant de côté ces forums mondiaux qui accueillent des milliers des personnes et qui exigent un organisation plus poussée et un financement plus exigeant. L’option de focaliser le forum dans des plus petits événements pourrait solutionner des problèmes soulevés à chaque édition, notamment le choix trop large d’ateliers par tranche horaire – plus de 100 ateliers au même temps- ce qui exige un lieux très étendu. L’avenir pourrait se dessiner sur des forums plus spécifiques comme le forum des médias libres qui a eu lieu le week-end précédent. Ils seraient ciblés par thématiques ce qui attirerait un public plus réduit et pourrait faciliter les échanges entre des associations ou organisations travaillant sur le même champ. Par contre, cette option pourrait réduire la diversité présente dans le forum ainsi que la force médiatique pouvant diffuser les pétitions. Petit versus grand, les deux concepts de forum peuvent apporter et restreindre les opportunités. L’organisation devrait peser les contraintes et les point positifs de chaque option.

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Deuxièmement, les participants du forum ont fait de nombreuses rencontres. Les propositions de travailler ensemble ou de lutter ensemble se sont multipliées tout au long de la semaine. Cependant, la pression de concrétiser les projets ou les actions conjointes s’est plus fortement ressentie le dernier jour. De nombreuses rencontres à l’extérieur du forum se sont réalisées afin de matérialiser les propositions pour retourner avec des projets concret qui pourront être présentés à leurs organisations respectives. La tâche se révèle souvent assez difficile, malgré la coopération et la bonne foi. En cause : la méconnaissance de la situation des organisations et du pays d’origine, mais aussi les préjugés tant des uns que des autres. Ayant eu l’opportunité de participer à un de ces échanges en tant que traductrice entre deux associations de juristes espagnols et tunisiens, les constats ne sont pas très optimistes. Les craintes et la méfiance subsistent entre « altermondialistes » ; l’orientation politique et la vision de la défense des droits des hommes et des femmes restent des points très importants et qui préoccupent les activistes, même si c’est plus le cas entre les occidentaux. Pourtant, les bonnes intentions sont là ainsi que l’envie de travailler ensemble et de s’entraider. Quoi qu’il en soit, le principe de collaboration entre peuples pour une lutte commune a été un des appels les plus scandés pendant le forum. Mais à vue d’aigle il peut sembler difficile même utopique. Un autre monde est possible, l’utopie pourrait devenir réalité, cependant il faut du travail en amont des initiatives de coopérations pour assurer la bonne direction des actions et éviter les questions de préjugés et des attentes irréalistes.

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Marta Luceño Moreno

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