Le goût des autres

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À propos d’écoles belges dites « multiculturelles »

Vingt-trois heures trente-quatre à ma montre. Mon train vient de passer Leuven. Parfois, la fatigue est inspiratrice et « l’inspiration de la fatigue dit moins ce qu’il faut faire que ce que l’on peut laisser de côté » 1. Je diminue la luminosité de l’écran de mon ordinateur au minimum et vais essayer d’écrire en ne regardant que ce fichu clavier. Je vais donc laisser de côté beaucoup de choses pendant les trente minutes qui me séparent encore de Liège : j’ai envie d’exagérer.

 

Michael Nyman et sa musique trottent dans ma tête. Quelques notes, très nostalgiques, issues de sa bande originale du film Vorace (Ravenous), où il est question d’anthropophages qui s’approprient l’autre, sa force, sa puissance. Ce long-métrage réalisé par Antonia Bird est sorti en 1999 et à ma connaissance, aucun autre film ne croise les genres de western, d’horreur, de fantastique et ne porte à ce point une intention de critique politique.

L’histoire se déroule pendant la guerre entre les États-Unis et le Mexique (1846-1848) 2. Un capitaine américain, John Boyd, a été muté au fin fond de la Californie dans un fort dont la garnison sauve un homme, Colqhoun, unique survivant d’une expédition vers l’ouest qui a tourné au cauchemar. Ce dernier raconte que pour survivre, lui est ses compagnons ont dû avoir recours à des actes de cannibalisme 3.

[spoiler alert, ndlr] Le film met en scène une féroce et nostalgique lutte entre Boyd et Colqhoun. Féroce, parce qu’il s’agit de manger l’autre pour (lui) survivre ; nostalgique, parce que fondamentalement, le regret de l’acte et le regret de l’autre, ingéré ou pas, est ce qui sépare ces deux personnages : Boyd, forcé au cannibalisme, ne se résout pas à s’approprier l’autre en l’ingérant, quitte à en mourir.

À travers ce conflit, la critique politique est radicale : les États-Unis se sont construits sur une férocité qui a dévoré les territoires et les hommes. Au cinéma seul Michael Cimino, avec Heaven’s Gate (1980) 4 et plus récemment Paul Thomas Anderson avec There Will Be Blood (2007), critiquent à ce point les fondements colonisateurs des États-Unis, le mythe de l’Ouest américain et l’exploitation d’« autres » (migrants, fermiers, amérindiens) par quelques-uns. Mais Vorace va peut-être plus loin : par la bande originale en partie mélancolique, nostalgique de Damon Albarn et Michael Nyman, il suggère un décalage constant. En effet, la douceur du thème principal Boyd’s Journey contraste violemment avec le sujet horrifique du film. Et c’est cette ritournelle évoquant de lointains souvenirs qui me trotte maintenant dans la tête : je ne peux pas m’empêcher de plaquer cette musique sur un sentiment confus, une impression de bizarrerie, qui me prend quand je pense aux repas « interculturels » organisés par certaines écoles belges qui scolarisent des élèves dits « migrants ».

N’est-il pas exagéré, au moment d’interpréter certaines des pratiques interculturelles qu’on peut observer dans nos écoles, de tenter ce rapprochement avec cette nostalgie féroce qui transpire dans Vorace ? Certainement, mais je vous avais prévenus : j’ai envie d’exagérer ! D’ailleurs, l’exagération ne devrait pas être considérée comme une provocation gratuite ; ses intentions devraient être davantage explicitées. Pour T. W. Adorno et M. Horkheimer, « seule l’exagération est vraie » 5. Philosopher, ce n’est donc ni avoir, ni garder raison ; philosopher, c’est peut-être parfois savoir être injuste. Peter Handke ne s’y trompe pas : « Mais il me faut parfois être injuste, et j’en ai envie ».

À table !

Les repas de fin d’année ou « du monde », les fancy-fairs, les journées portes ouvertes, etc., sont souvent autant d’occasions de goûter des plats préparés par les élèves et leurs parents, et peut-être plus particulièrement lorsque ceux-ci sont « migrants ». En effet, les parents « migrants » et leurs enfants semblent être, plus que le public scolaire « ordinaire » (?), encouragés à préparer des plats pour les festivités scolaires. Dans certains centres de la Croix-Rouge qui hébergent des réfugiés, il en est de même : souvent, les « soirées culinaires » ponctuent l’année. Et partout, les intentions semblent louables : l’idée est de donner une place à des différences culturelles, de reconnaître l’autre dans des éléments saillants de sa diversité.

Pourtant comme l’affirme Geneviève Sicotte, spécialiste en littérature et en sociologie critique du discours gastronomique, « [l]a proposition selon laquelle le multiculturalisme alimentaire permettrait de mieux accepter la différence culturelle est devenue un lieu commun, un lieu commun doté d’une acceptabilité telle qu’il s’impose comme une vérité non questionnée 6 ».

Dans certaines de nos écoles, les plats préparés par les élèves « migrants » et leurs parents peuvent être vendus pour x euros au profit des caisses des écoles, sous l’étiquette « repas du monde ». Et parfois, ni les élèves ni leurs parents ne sont conviés aux festivités. Mais c’est peut-être un peu plus subtil que cela, pour les parents comme pour les élèves.

Pour les parents tout d’abord : ils sont invités… à préparer des plats, mais pas toujours à venir les faire partager eux-mêmes dans l’école de leurs enfants, n’étant pas explicitement invités à participer aux festivités. Décrivons quelques faits. Dans certaines écoles qui organisent ce type d’événement, seuls les membres du personnel et ceux d’autres écoles du même pouvoir organisateur ou ceux d’organismes partenaires, comme les CPMS, prennent part au repas. Les quelques élèves et parents qui viennent manger aux côtés des enseignants, des directions, etc., font figure d’exceptions. Pourquoi ? Le prix demandé pour le repas (plus ou moins dix euros) pourrait être un frein à leur participation. Mais nous ne nous arrêterons pas à cette hypothèse. Par ailleurs, dans certains cas, des élèves sont présents : mais ils servent et débarrassent les convives bien davantage qu’ils ne participent au repas comme invités à part entière. Leur présence est alors davantage justifiée comme une travail scolaire, une activité d’apprentissage (bien se tenir, rester poli, être discret, employer un français correct, etc.) et une sélection est opérée : toutes les classes ne peuvent participer, ni tous les élèves d’une même classe. Lorsque de telles festivités sont donc organisées pendant les heures de cours, l’ensemble des élèves est libéré, à l’exception de ceux qui servent et débarrassent. Servir et débarrasser : ces deux activités illustrent un type de rapport à l’autre par la domination. Et, effectivement d’aucuns, parmi les membres du personnel éducatif de certaines écoles, déclarent qu’il est « difficile » de manger avec les élèves, de les avoir présents « à table » pendant un repas, de la même manière qu’il est parfois déclaré que « c’est compliqué » d’organiser un repas pour et avec les élèves et leurs parents.

Revenons au montant demandé dans certaines écoles pour prendre part au repas. Pourrait-on faire payer les élèves et parents qui ont préparé des plats pour qu’ils mangent ce qu’ils ont eux-mêmes cuisiné ? Devrait-on au contraire les inviter, tandis que les autres paient ? Devrait-on rembourser aux parents les courses nécessaires à la préparation des plats ? Ces interrogations soulignent un embarras d’une telle relation à l’autre. Il serait aussi particulièrement intéressant d’apprendre comment l’activité leur est présentée, comment on leur demande de préparer des plats (« de leur pays »?), quels a priori d’accès à l’autre et de connaissance de l’autre trament les discours tenus avant, pendant et après ce type de pratique dite « interculturelle ». Les parents eux-mêmes, parfois largement absents de certaines écoles qui organisent ce type de festivités, ne veulent-ils pas venir ? Peut-être… Enfin, est-ce qu’ils ne sont pas tout de même un peu présents ?

Évoquer un film d’horreur mettant l’anthropophagie au cœur de son récit peut sembler parfaitement exagéré pour penser cette situation mais cela a le mérite d’être suggestif. En effet, les élèves et leurs parents, parfois largement absents des festivités qui ressemblent alors davantage à un rendez-vous voulu « chic » entre les membres du personnel éducatif de l’école ou de son pouvoir organisateur, sont quand même présents : nous nous satisfaisons de les manger. De manger les élèves et leurs parents ; de les dévorer. Et c’est même réjouissant : tous les goûts y passent, tous les mélanges ; la grande question rituelle étant de deviner si, de visu, tel plat est sucré, ou salé. Donc on goûte, on teste, on s’étonne, on interroge les textures et combinaisons d’ingrédients ; on approuve ou on réprouve. Aussi, les écoles se font un peu d’argent. On interculturalise un bénéfice, on bénéficie de l’interculturel… Nos écoles paraissent parfois bel et bien voraces.

Que pensent les élèves et leurs parents de telles activités ? Si leur participation via la préparation de plats semble fortement requise, rendue quasi obligatoire, c’est aussi parfois à la condition, non clairement énoncée, d’être absents le jour du repas. Conséquemment, leurs avis ne sont pas connus et paraissent déconsidérés. Par ailleurs, il faut relever que les écoles achètent des produits qu’elles vendent aux côtés de ceux préparés par les élèves et leurs parents : certains produits étiquetés « occidentaux » comme les croissants, les pains au chocolat, les œufs brouillés ou le lard, semblent alors proposés tels autant de barrières gustatives et symboliques à la diversité – dont le gastronomique n’est qu’une trace. La diversité doit donc se voir imposer des limites : la pâtisserie franco-belge a pour mission de recadrer le « goût des autres » et sa présence agit sur les invités comme un rappel quasi salutaire. Aussi, la revendication d’un droit à la consommation de viande de porc lors des festivités, notamment dans les écoles où les élèves sont majoritairement de confession musulmane, participe-t-elle de cette nécessité d’un recadrage permanent de la diversité.

À partir de ces quelques observations, plusieurs questionnements peuvent émerger. Je les espère partagés par une partie des participants à ce type de festivités : dans le cas où la liste des conviés exclut (parfois explicitement, parfois par maladresse : l’invitation n’est pas traduite dans la langue d’origine des parents et/ou remise trop tard, des incompréhensions subsistent, etc.) les usagers des lieux concernés – dans une école, les élèves et leurs parents – à quoi bon organiser quoi que ce soit sans ces derniers ? S’agit-il d’un type de projet scolaire réellement curieux, ou bien, est-ce relativement banal ? Faut-il l’appréhender comme un problème ? Comme un échec, si les élèves et leurs parents en sont absents ?

Mais quand bien même ils sont présents et entièrement participatifs à ce type de festivités, au fond, qu’apprenons-nous d’eux ? Et que partageons-nous avec eux ? Pour Geneviève Sicotte, « [l]a gastronomie est devenue un substitut au voyage, par lequel on tente de pénétrer l’âme des peuples ». Mais fondamentalement, elle considère que « la gastronomie ne fait que s’approprier de manière impérialiste des saveurs, des techniques et des représentations qui accroissent le plaisir des individus, dans un ordre qui reste fondé sur la consommation hédoniste ». Aussi, croisons son rappel primordial ci-après avec les pratiques interculturelles de certaines de nos écoles :

« Un seul fait résume tout le débat : si les restaurants ethniques se sont multipliés dans les grandes villes, c’est bien parce qu’un clivage nord-sud fondamental pousse des gens à quitter leur pays d’origine, et ce, pas toujours de gaieté de cœur. Beaucoup de ces immigrants peinent à s’intégrer à un marché du travail devenu impitoyable, et dans certains cas, la seule compétence que notre société leur reconnaît est leur maîtrise d’un savoir culinaire exotique. La diversité gastronomique urbaine qui résulte d’une telle situation peut être transformée en valeur positive, mais il ne faut pas se cacher qu’elle peut aussi tout simplement reproduire sur le plan des sociabilités alimentaires les inégalités sociales – l’immigrant travaille à la cuisine, au service de son client plus fortuné qui s’empiffre à table. »

En Fédération Wallonie-Bruxelles, certaines écoles accueillent des enfants « autres » depuis bien avant ce qu’on nomme, depuis l’été 2015, la « crise des migrants ». Elles ont donc un rôle décisif à jouer dans notre expérience du rapport à l’altérité. Nous sommes cependant en droit de nous demander si elles font mieux, sinon différemment, que la société dont elles sont issues.

En attendant, exagérons une dernière fois, soyons parfaitement injustes envers les écoles qui organisent ces festivités dans l’intention (dont nous avons voulu interroger le caractère louable) de faire découvrir les cultures de leurs élèves étiquetés « migrants », « primo-arrivants », « réfugiés »… Et imaginons les invités aux festivités de nos écoles « s’empiffrer » des élèves et des parents. Observons, écoutons nos écoles et visionnons (à nouveau) le film d’Antonia Bird. Nous sommes voraces ! Bon appétit.

Notes:

  1. Peter Handke, Essai sur la fatigue (2e éd., 1996). Paris : Gallimard.
  2. Ce conflit fut déclenché par les États-Unis en 1845 après leur annexion du Texas, auparavant territoire mexicain.
  3. Le film s’inspire en partie d’une histoire vraie, l’Expédition Donner.
  4. Une scène montre l’arrivée du personnage principal James Averill à Casper, dans le Wyoming, ville qui reçoit de très nombreux migrants d’Europe de l’Est. Conversant à propos des migrants avec Cully, chef de gare et ancienne connaissance, Averill met en garde Cully : « don’t let these citizens get to you », que l’on pourrait traduire par : « Ne laisse pas ces citoyens t’atteindre », ou « Ne laisse pas ces citoyens te pousser à bout ». L’idée n’est pas ici d’exploiter l’autre, ni de le « consommer », mais davantage de ne pas se laisser toucher, voire submerger émotionnellement par lui, Cully évoquant sa propre pauvreté après avoir plaint le sort des migrants.
  5. T.W. Adorno & M. Horkheimer, La dialectique de la raison (1974). Paris : Gallimard.
  6. G. Sicotte, Le discours gastronomique, le consommateur et le citoyen. Voulez-vous manger avec moi ? Pratiques interculturelles en France et au Québec (2003). Montréal : Fides.
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Maxime Alais

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There are 3 comments

  1. Dominique MOOREN

    Fini le petit déjeuner multiculturel.
    Bonjour Rencontres multiculturelles.

    Ces écoles ne devraient-elles pas organiser cette manifestation autrement ?
    Oui, nous accueillons des nationalités différentes. Nous sommes tous différents, même au sein d’une même région. Alors partageons, échangeons, parlons….et comme dit si bien Grand Corps Malade (avec Charles Aznavour) dans cette merveilleuse chanson Tu es donc j’apprends.

    L’homme est un solitaire
    Qui a besoin des autres
    Et plus il est ouvert et plus il devient grand
    Découvrez ma culture
    J’apprendrai la vôtre
    Je pense, donc je suis
    Et tu es, donc j’apprends

    Ne pourraient-elles pas partager ce moment avec les élèves et leurs parents où personne ne paierait mais apporterait quelque chose avec étiquette (pays ingrédients…), même les p’tits belchs ? Et quand je dis personne…..ne paieraient que ceux qui sont « invités » (huiles, autres collègues…).
    Ainsi ce serait petit déjeuner (ou déjeuner) « rencontres ». Non ?

  2. Clélia

    C’est vrai qu’on a souvent eu ce genre de réflexion « mais où sont les enfants et parents qui ont produit ceci ? Qu’y a-t-il dans tel plat ? » J’aime beaucoup l’idée de Dominique de faire le même projet mais d’une autre manière (ce qui se fait en fait parfois dans les classes à certains moments de l’année… Une heure ou deux de « brunch » ou chacun apporte quelque chose… Bien que ce quelque chose ne soit pas toujours produit par la personne elle-même… Et que les parents ne sont pas présents… On pourrait alors imaginer des tranches horaires sur une matinée pour que les élèves, leurs parents et leurs professeurs participent à un grand déjeuner où chacun apporterait quelque chose de cuisiné soi-même où les professeurs et élèves feraient le service à certains moments -élèves et professeurs mélangés- et déjeuneraient à d’autres moments… J’imagine que ce serait plus dans l’idée du partage bien que, ça demanderait une organisation de dingue et que les parents ne seraient pas toujours disponibles… Et de toutes façons, dans notre système d’enseignement… Tout un tas de problèmes surviendraient si on proposait ce genre de rassemblement gratuitement… ). Et pour partir dans une pensée plus large… Je pense qu’on est dans la recherche constante de nouvelles rencontres, sensations, découvertes tout en étant sélectifs dans ce qu’on veut découvrir. C’est assez paradoxal mais l’homme est par nature curieux et méfiant. Ce qui explique que parfois, on en vient à négliger l’autre pour favoriser ce qu’il produit. (Même si on les remercie, même si on leur donne l’opportunité de faire découvrir leur culture, une culture dont on ignore tout ou partie, on reste dans cette découverte de ce qu’ils produisent plutôt que la découverte d’une personne/façon de penser -et en disant cela, je me rends bien compte que je fais une généralité puisque les êtres vivants sont tous bien différents, peu importe leur culture, et même au sein de leur propre culture!-). De là à imaginer le parallèle avec le film sur le cannibalisme, ça me semble assez fort… Nous aussi, nous produisons de quoi « nourrir » les autres. Nous apportons notre participation, avec nos compétences personnelles, à la société dans laquelle on vit. Les autres se « nourrissent » de ce qu’on produit comme nous nous « nourrissons » de ce qu’ils produisent. Cela va au-delà de simples fêtes où ils produisent des plats selon moi. (Que penser de nos fêtes d’écoles primaires où nos parents devaient fournir des gâteaux et autres plats alors qu’on était tous Belges parlant la langue française ? Je pense sur ce fait que les parents se disent simplement que c’est une façon de participer à la vie scolaire de leurs enfants sans devoir être présents physiquement. J’entends encore ma mère me dire qu’elle n’a pas le temps de venir à l’école. Pas le temps. C’est un vrai problème de notre société. Mais je crois aussi déceler dans ce « pas le temps » un « pas envie »… Quid du désintérêt des parents ? De leur croyance à être incompétents/genés/désintéressés pour parler aux professeurs de leurs enfants? Alors qu’ils nous font confiance pour éduquer et former l’esprit critique de leurs enfants, leur transmettre certaines valeurs, ils n’ont parfois pas envie de nous rencontrer et de savoir qui nous sommes. Il suffit de voir combien de parents se présentent en réunion parents-professeurs… Ou combien demandent à nous rencontrer.) Personne n’est à blâmer. C’est un trait naturel de l’homme de vouloir communiquer sans vraiment communiquer, de vouloir découvrir/être curieux tout en se méfiant, de vouloir partager sans se rencontrer… Personnellement, je me dis que nous devrions prendre ce que les autres veulent bien nous apporter et respecter la décision des autres de ne pas vouloir nous rencontrer. Nous devons cependant continuer à les inviter, continuer à vouloir faire leur rencontre, continuer à espérer et trouver des moyens de rencontre, continuer à leur dire qu’on est là et ouverts à l’échange, comme on l’est pour leurs enfants, peu importe qu’ils soient migrants ou pas finalement.

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